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Chez les E.M.T. - Ida von Herrenschwand, 1887 - 1961

von Anne-Marie Rollier v/o Bolet (E.M.T. = Eclaireuses Malgré Tout - Pfadi Trotz Allem)

Où nous sommes-nous vues pour la première fois? Je ne sais plus, tant Falk était de celles qu’il nous semble avoir toujours connues et qui ne passeront jamais. 

Je la revois dans le troisième camp E.M.T., le premier de cette sorte pour elle et où elle accompagnait les premières éclaireuses M.T. de Suisse allemande. Grâce à son pouvoir d’adaptation, à son enthousiasme, à sa grande foi, il nous semblait qu’elle avait vécu toute sa vie parmi des handicapés, leur donnant une impression de sécurité intérieure tout en leur demandant conseil pour mieux les aider physiquement. 

Que de bons rires nous avons faits – elle avait un tel humour – dans les circonstances tragi-comiques qui caractérisent certaines situations E.M.T. Je la revois en 1943, au camp de Crettaz, camp dissous en quelques heures parce que la scarlatine nous cernait dans le village. Falk, venue passer le week-end avec nous, arriva au moment où le médecin exigeait la fermeture du camp … les E.M.T. en larmes d’un côté, de l’autre un Q.M. devant d’énormes casseroles, se préparant à recevoir cent E.M.T. de Leysin le lendemain, et Falk au milieu, chantant «Quoiqu’il arrive, j’ai toujours le sourire». 

Je la revois nous accueillant pour la première fois à Adelboden, dans Notre Chalet qu’elle avait ouvert exprès pour les E.M.T. pendant la guerre, camp auquel  prenant part pour la première fois une patrouille tessinoise. Falk était, à ce moment-là, à la Direction, responsable des E.M.T. Cest aussi au Chalet, au second camp-école, en 1941, qu’on vit pour la première fois Pingouin diriger la formation des cheftaines M.T. Enfin, la guerre terminée, Falk offrit spontanément le Chalet à la deuxième conférence internationale des E.M.T.

Quel merveilleux ambassadeur nous eûmes en elle lorsqu’à l’armistice elle accompagna Lady Baden-Powell à Leysin. «Qu’y a-t-il de si intéressant à voir là-haut?» demandait le Chef. Et Falk de rèpondre, pleine de mystère: «Vous verrez!». C’est  que Falk avait fait de nombreux séjours chez nous pendant la guerre, dans ce Leysin qui réunissait des éclaireuses d’un peu tous les pays, enfants coupées de leur famille par la maladie et ne pouvant plus rentrer chez elles. Falk savait tout ce que nous avions essayé de faire pour que le scoutisme international fût une réalité vécue dans un pays privilégié comme le nôtre; comment nous avions essayé avec Pingouin de nous préparer à mieux mettre au service des autre pays le scoutisme M.T. qui serait nécessaire à tant d’enfants dont la guerre aurait fait des handicapées. Le film E.M.T. était prêt, il passerait les frontières plus vite que nous… Si Falk ne nous a pas accompagnées dans nos premiers camps E.M.T. à l’étranger, Pingouin et moi, nous savions que nous pouvions compter sur sa prière constante dès que le projet était décidé.

D’autres diront ce que Falk a fait sur le plan international. Je pense à ce qu’elle a été pour nous au comité de la Goélette, le foyer E.M.T. de Berck (Pas-de-Calais), au moment des plus grandes difficultés. C’est elle qui avait insisté pour que Pingouin fût présidente du comité d’administration: Falk était persuadée que toute la richesse spirituelle de Pingouin pouvait non seulement être une force vive au sein du comité, mais que la présence de son corps mutilé ouvrait une brèche aux futures cheftaines handicapées. J’entends Falk nous dire: «Je vais à Paris pour la Goélette, nous allons la sauver».

Quand Falk quitte le Chalet, se détache peu à peu des ses fonctions officielles, les E.M.T. gardent en son cœur une grande place. Combien revivent dans leur mémoire les fêtes de l’Avent dans l’appartement de la Junkerngasse, «la maison» de celles qui n’en auraient jamais; fêtes qui marquaient une des qualités dominantes de Falk, sa fidélité. Une fois qu’on avait son amitié, c’était pour toujours.

Je revois enfin notre dernier week-end de juin; Falk se passionnait pour les paraplégiques, et comme je lui disais que nous organisions un match de basket-ball en poussette le jeudi suivant pour montrer aux membres de notre Parlement ce qu’est le sport aux handicapés, Falk s’écria: J’y serai.

Falk semblait être de celles qui ne doivent pas mourir. A combien d’E.M.T. n’a-t-elle pas fait découvrir leur mission dans le monde, n’a-t-elle pas fait découvrir la parole de Jean IX, 3: «Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? Jésus repondit: Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché ; mais c’est afin que la gloire de Dieu, soit manifestée en lui».

C’est à cette gloire qu’elle appartient maintenant. Que Dieu soit béni de nous avoir donné Falk.

 

Der Text stammt aus der Broschüre "Ida von Herrenschwand 1887 - 1961", welche im Zentralarchiv der PBS eingesehen werden kann. Die Schreibweise (inkl. allfälliger Fehler) wurde gemäss dem Original übernommen. Abschrift: Doris Stroppel-Lutz.

 

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